Page d'accueil   
Champagne Ardennes Service de Déminage Vestiges Contact Littérature
Fontaine en Dormois 14-18 / présent Monuments Combattants

Fontaine en Dormois

Fontaine en Dormois en 1819

Sur le village de Fontaine il y a peu de chose à dire, dont le nom nous paraît dérivé d'une des sources de la Dormoise, qui remplit les fossés du château, et fait tourner un petit moulin.

Cette commune, située dans une plaine, au bas des monts de Champagne, comportait, en 1721, 32 maisons, 120 individus et 7 laboureurs. Elle contient aujourd'hui 160 habitants, logés dans 36 maisons. Dix cultivateurs en exploitent le terrain entrecoupé de coteaux élevés et de vallons marécageux, il participe du Vallage et de la Champagne, et par conséquent est composé de terres fortes d'une part, et de l'autre de peu de rapport. Les femmes filent la laine pendant l'hiver, leurs maris, dans cette saison, ne savent s'occuper qu'à battre les grains dans leurs granges.

Le 30 avril 1699, l'archevêque de Rheims érigea Fontaine en cure, cette paroisse et celle de Gratreuil qui aujourd'hui lui est annexée, dépendaient de la cure d'Ardeuil , le curé de Fontaine jouissait de la plus grande partie des dîmes.

La terre de Fontaine fut vendue, en 1384, à Evrard Deshamps, elle passa en 1719 à la veuve Baugier de Biguipont. Cette famille en possède encore le château et ses dépendances. Trois ans après, en1722, la veuve Baugier gagna, au Parlement de Paris, le procès que lui avait intenté la dame Lamonier de Varenne, à raison du retrait lignager dont elle jouissait sur cet héritage.

Fontaine, éloigné des vignobles, paraissait peu susceptible de produire des raisins. M. Baugier de Bignipont a prouvé le contraire, un petit terrain planté en vigne, donne annuellement une récolte passable, et fournit aux habitans l'exemple et le motif d'utiliser les terres peu suseptibles de culture.


Fontaine en Dormois 1819

Es gibt wenige Erzählungen über Fontaine, dessen Name von einer der Quellen der Dormoise abgeleitet worden ist und die Wassergräben des Schloßes speißte um die Mühle anzutreiben. Die Gemeinde befindet sich in der Ebene unterhalb den Monts de Champagne wo sich 1721, 32 Wohnhäuser, 120 Einwohner und 7 Landwirte befanden. Heute befinden sich in Fontaine 160 Einwohner in 32 Häusern. Zwischen der Vallage Region und der Champagne bewirtschaften hier 10 Landwirte ihre Felder, die von Hügeln und sumpfigen Tälern unterbrochen werden.

Während des Winters spinnen die Frauen Wolle und ihre Männer dreschen das Getreide in den Scheunen. Am 30 April 1699 errichtete der Erzbischhof aus Reims in Fontaine das Pfarramt. Diese Pfarrgemeinde und jene von Gratreuil untersteht heute der Pfarrgemeinde von Ardeuil. Der Pfarrer aus Fontaine trieb den größten Teil der Steuern ein.

Die Länderreien von Fontaine wurden im Jahre 1384 an Evrard Deschamps verkauft und im Jahre 1719 an die Witwe Baugier de Biguipont weitergegeben. Dieser Familie gehört heute das Schloß und die Wirtschaftsgebäude. Drei Jahre später 1722, gewann die Witwe Baugier ein Gerichtsverfahren in Paris gegen Madame Lamonier de Varenne wegen eines Erbschaftsstreites.

Fontaine, weit entfernt von den Weinbergen schien nicht geeignet zum Anbau von Weintrauben. Madame Baugier de Bignipont bewies aber das Gegenteil, denn auf einem kleinen Hang konnten reglmäßig Weintrauben gelesen werden, das für diesen Boden nicht üblich ist.

( source: mairie de Fontaine en Dormois )

Fontaine en Dormis avant 1914

Après la Bataille de la Marne, le 11 septembre, le recul Allemand est général. Les armées françaises continuent la poursuite et reprennent contact avec les Allemands le 13 septembre 1914. Après 45 jours de campagne, les troupes françaises sont épuisées, de plus les réserves de munitions d'artillerie sont insuffisantes. Les troupes Allemands sont déterminées à bloquer l'avance française en Champagne entre l'Argonne et Reims. Ils s'installent sur les hauteur leurs permettant ainsi d'avoir une perspective sur les quatre points cardinaux.

Déjà début septembre 1914, la préfecturede la Marne a donné l'ordred'évacuer les villages dans le secteur de Fontaine-en-Dormois. Les familles rassemblent et entassent sur des chariots leurs biens les plus précieux et prennent le chemin de l'exode. Pour certains cet éloignement va durer quatre ans.
L'invasion allemande va se poursuivre jusqu'au 26 septembre 1918.

De nombreux régiments allemands se trouvaient dans le secteur de Fontaine, mais je vais vous parler plus précisément du 51. régiment d'artillerie de campagne de réserve prussien ( 51.RFAR ) avec leurs batteries de calibres de 10,5cm et 7,7cm. Ce régiment s'est battu du mois de février 1917 dans le secteur de Fontaine, Ripont et Tahure jusqu'au 19 mars 1918.

Am 11 September nach der Schlacht an der Marne ziehen sich die Deutschen komplett zurück. Die französischen Armeen nehmen die Verfolgung auf und stellen die Deutschen Truppen am 13 September 1914. Nach 45 Tagen Kämpfen sind die französischen Truppen erschöpft, und die Munitionsreserven für die Artillerie gehen zuneige. Die Deutschen sind entschlossen den französischen Vormarsch in der Champagne zu stoppen und richten sich daher auf den Anhöhen zwischen Reims und den Argonnen ein.
Schon Anfang September 1914, ordnete die Präfektur des Kantons die Evakuierung der Orte um Fontaine en Dormois an. Die Familien packten ihr ganzes Hab und Gut auf Karren um sich in die Verbannung zu begeben. Für die meisten dauerte die Verbannung vier Jahre. Die deutsche Invasion dauerte bis zum 26 September 1918.
Viele deutsche Regimenter befanden sich in Fontaine en Dormois, aber ich möchte Ihnen das 51. Reserve Feldartillerie Regiment aus Preussen ( RFAR 51. ) mit ihren Batterien der Kaliber 10,5cm und 7,7cm näher bringen. Dieses Regiment kämpfte vom Februar 1917 bis zum 19 März 1918 in den Sektoren von Fontaine, Ripont und Tahure.


L'armée Allemande est supérieure en Hommes et munie d'un matériel important et efficace. Et elle est beaucoup mieux préparés que celle des Français.
Si bien qu'après la retraite, les allemands vont s'installer jusqu'au 26 septembre 1918 à Fontaine en construisant sur le secteur des camps et des abris importants. De plus, leurs tranchées sont beaucoup mieux aménagées, elles sont essentiellement faites en béton armé constituées d'abris souterrains de plusieurs mètres de profondeur.
Aujourd'hui, quelques traces discrètes sont encore visibles un peu partout.

Nach dem Rückzug, blieben die Deutschen bis zum 26 September 1918 in Fontaine. Besser vorbereitet wie die Franzosen behielten die Deutschen die Oberhand. Sie richteten sich in diesem Sektor ein, bauten Lager und Unterstände. Ihre Schützengräben waren besser ausgebaut, indem sie diese aus Stahlbeton gossen, und sich Unterstände in mehreren Meter Tiefe befanden.
Heute sind diese Spuren noch sichtbar.

Une tranchée allemande à Fontaine


La route ( Karcherstrasse ) qui menait de Ripont en passant Fontaine-en-Dormois à Gratreuil est encore aujourd'hui existante.

Die Karcherstrasse die von Ripont aus über Fontaine-en-Dormois nach Gratreuil verlief, gibt es heute noch.

La Karcherstrasse en 1915

Le château de Fontaine pendant l'occupation allemande en 1914 ( ici, la distribution des cadeaux de NoŽl )

La route de Bouconville

Emplacements des batteries allemandes de 7,7 et 10,5cm à Fontaine, établies en gradins. Pour chaque pièce il y avait une sape pour les munitions et les hommes, à 6 mètres sous terre.


Les chemins de fer à voies étroites allemandes à Fontaine en Dormois

Construction d'une voie étroite

Cette gare se trouvait à 1km de Ripont


Une des batteries du 51. R.F.A.R. prussien à Fontaine



Le 51. Régiment prussien d'Artillerie de réserve


Bien protégée par les buttes de Fontaine-en-Dormois, l'artillerie allemande, pourvue de ses canons de 7,7 et 10,5 cm, dirigeait ses tirs en direction de la Côte 185, Maisons de Champagne et Massiges. La portée de ces batteries étaient de 7800 à 8400 mètres.
De l'autre côté, l'artillerie française s’était, elle aussi, bien protégée en se positionnant sur la ligne  Pont du Marson-Beauséjour de l'autre côté afin de riposter aux tirs venant dans la même direction.
Le croisement de la route Cernay en Dormois , Fontaine, Bouconvilleet Monthois était souvent bombardé par les Français, dans le but d'empêcher les allemands de ravitailler le front en munition, en vivre, etc.

de gauche à droite: Massiges et la Côte 185

Maisons de Champagne


Gut geschützt durch die Anhöhen von Fontaine-en-Dormois konnte die deutsche Artillerie mit ihren 7,7 und 10,5cm Geschützen in Richtung derAnhöhe 185, Maisons de Champagne und Massiges feuern.
Die Schussweite dieser Batterien lag zwischen 7800 und 8400 Meter.
Die französische Artillerie befand sich auch gut geschützt hinter der Linie Pont du Marson-Beauséjour um ihren Beschuss zu erwidern.
Die Straßenkreuzung Cernay en Dormois, Fontaine, Bouconville und Monthois wurde permanent von der französischen Artillerie beschossen um den deutschen Nachschub von Munition usw. zu stören

Le croisement Cernay en Dormois, Fontaine, Bouconville et Monthois

Photo aérienne de 1916 d'une escadrille de Sainte-Menehould

La Côte 185 et Maisons de Champagne

L'église de Fontaine. Les Allemands avaient décroché le bourdon du clocher afin de pouvoir donner l'alerte aux gaz

En 1957, le Kronprinzgraben à droite et le Fürstengraben à gauche étaient encore bien visibles

Batteries allemandes sur le secteur du Bois sans nom ( Pappelwald )

Au fond, le Bois sans nom. Devant se trouvait une batterie de 10,5cm allemande

Une autre position d'artillerie de 10,5cm allemande

Photo aérienne prise par une escadrille française

Abri pour officier

Le quotidien dans les tranchées allemandes

Bombardements sur Maisons de Champagne

Artillerie française sur la ligne Beauséjour-Pont du Marson qui a tiré direction Kanonenberg et Fontaine en Dormois

Vestiges de l'artillerie française à Fontaine

Abris à Fontaine en Dormois

Entre Fontaine et Ripont

Prisonniers français à Ripont début 1915

Canon de campagne sur la Karcherstrasse

Abris allemands route de Gratreuil 1915


Récits du lieutenant Baumann du 51. Régiment d'Artillerie de Campagne de réserve prussien

Lt. Baumann à gauche au poste de commandement à Monthois

Le cimetière de Monthois nous reste pour toujours dans la mémoire, parce que les soldats tombés de notre régiment sont enterrés là bas.

Erzählungen von Leutnant Baumann des 51. preußischen Reserve Feldartillerie Regiment
Monthois bleibt in unser aller Gedächtnis, weil auf dem dortigen Friedhofe die Gefallenen des Regimentes ruhen.


Le cimetière allemand à Monthois pendant la guerre ( source: Wim Degrande )

source: Wim Degrande

Le cimetière allemand à Monthois en 1925 et aujourd'hui ( source: Wim Degrande )


Le 19. octobre 1916 notre effectif de batteries était :

1./51 – sur la „ Pilznase „
2./51 - sur le „ Daumen „ derrière le parc de Fontaine
3./51 - dans le „ Pappelwäldchen „
4./51 – sur le „ Mittelfinger „
5./51 – à l'ouest de la Karcherstrasse
6./51 – sur le „ Mittelfinger „
7./51 – au sud-ouest du parc de Fontaine
8./51 – dans la cuvette à 400 mètres au nord de Ripont, entre le parc de Fontaine et Ripont
9./51 – 400 mètres au nord-ouest de la batterie 1./51 au talus du „ Grosses Loch „

Am 19. Oktober 1916 standen unsere Batterien wie folgt:
( siehe oben )

1./51 Pilznase en rouge et 9./51 Grosses Loch en bleu

2./51 Daumen en rouge et 4./51 Mittelfinger en bleu

3./51 Pappelwäldchen

8./51 entre Fontainepark et Ripont

5./51 à l'ouest de la Karcherstrasse en rouge et 7./51 au sud-ouest du parc de Fontaine en bleu

6./51 Mittelfinger

Un obus à gaz non tiré du calibre 10,5cm d'une des batteries du 51 RFAR

Les emplacements de l'artillerie allemande sur le secteur de Fontaine en Dormois

La Défense anti-aérienne contre l'aviation française


Les abris allemands sur le secteur de Fontaine en Dormois

Les souterrains étaient stratégiques pendant la Grande Guerre. Creusés à 5-6 mètres sous terre, ils étaient destinés à se déplacer sans être vu par l’ennemi, se protéger du mauvais temps et bien sûr se mettre à l’abri des bombardements.

Die Unterstände waren von strategischer Bedeutung während des Krieges. In einer Tiefe von 5-6 Meter konnte man sich unbemerkt fortbewegen ohne vom Feind gesehen zu werden, sich vor dem Wetter und vor allem vor den feindlichen Bombenangriffen zu schützen.

source: Deutsches Armeemuseum Ingolstadt

Des équipes de bûcherons s'emploient à l'acheminement du bois nécessaire à l'étayage des abris destinés aux troupes.
Holzfäller bringen das nötige Holz um die Unterstände der Truppen zu bauen.

Un emplacement d'un abri qui est comblé aujourd'hui


Les canons 16 de Marine en Champagne

A l'aube de l'été 1915, ce sont 18 pièces de 16 de marine qui sont en action sur tout le territoire français. L'utilisation des pièces installées à l'occasion de l'offensive du 25 septembre 1915 en Champagne fut assez satisfaisante. La portée maximale oscillait entre 15 et 17 kilomètres en fonction du type d'obus, à la cadence d'un tir par minute.

Im Sommer 1915 befanden sich 18 Marinekanonen vom Kaliber 16 auf französischem Gebiet. Der Gebrauch dieser Geschütze anlässlich der Offensive vom 25 September 1915 in der Champagne war erfolgreich. Die maximale Reichweite betrug je nach Geschoss zwischen 15 und 17 Kilometer und hatte eine Feuergeschwindigkeit von 1 Schuss/Minute.


Le canon français 16 de Marine Mle 1893 de Wargemoulin

Le canon français 16 de Marine, situé à l’ouest de Wargemoulin en Champagne au lieu-dit „Bahr el Gazal „ (R-1896 N°7), avait pour cibles les villages d’Ardeuil, Fontaine en Dormois et de Challerange, localisées à une douzaine de kilomètres plus au Nord, dans les Ardennes toutes proches.
La commune d’Ardeuil, est un objectif important du fait de sa gare et des dépôts de munitions. La localité de Challerange est aussi une cible pour les mêmes raisons que celle d’Ardeuil mais en plus pour la position des campements, et des casernes.
Le réseau des voies de 0,60 m, qui est très déployé sur le secteur en Champagne, permit l’installation rapide de ces canons.
En été 1915, ce canon marine, du calibre 164,7mm, entre en action à l’occasion de l’offensive de Champagne de septembre 1915.
Jusqu’au mois de juillet 1916, le canon reste à Wargemoulin, ensuite il est déplacé à Beauséjour (Marne).

source: Michel Delannoy, petit-fils du Capitaine Octave Longuet de l'Artillerie Lourde à Grande Puissance

Le 16 de Marine au lieu-dit " Bahr el Gazal ( la rivière aux gazelles ) à Wargemoulin, commandée par le lieutenant de vaisseau Desforges, ou le lieutenant de vaisseau Nouel de Kerangue

à l'intérieur de l'abri



Die französische Marinekanone 16 Mod. 1893 in Wargemoulin

Die französische Marinekanone 16, die im Westen von Wargemoulin in der Champagne am sogenannten Ort „ Bahr et Gazal „ ( R-1896 N°7 ) stand, hatte die Orte Ardeuil, Fontaine en Dormois und Challerange zum Ziel, die etwa 12 Kilometer nördlich in den Ardennen lagen.
Der Ort Ardeuil war ein wichtiges Ziel, weil sich dort ein Bahnhof samt Munitionslager befand, genauso wie Challerange wo sich zusätzlich deutsche Camps und Kasernen befanden.
Die Schmalspurbahn war in der Champagne gut entwickelt, was die schnelle Installation dieser Kanonen ermöglichte.
Während der zweiten Schlacht in der Champagne im Sommer 1915 feuerte diese Kanone vom Kaliber 164,7mm ihre ersten Schüsse auf die genannten Orte ab.
Bis Juli 1916 blieb diese Marinekanone in Wargemoulin, wurde aber dann nach Beauséjour verlegt.

L'emplacement du canon aujourd'hui

Le travail de l'artillerie française. Les restes d'une maison à Fontaine en Dormois sur la route de Gratreuil en 1915

Dans le parc du château


Le secteur d'Ardeuil

Le village d'Ardeuil début 1915

Une rampe à la gare d'Ardeuil

Le réseau ferroviaire allemand ( source: Michel Coistia )

Transport de munitions sur le secteur

La gare d'Ardeuil après les bombardements du canon de Wargemoulin en 1915

Les restes de l'église


Le secteur de Challerange

La gare de Challerange avant la guerre

Le village en 1914

Au fond, la gare de Challerange

La gare avant les bombardements

et après les bombardements en 1918

Le réseau ferroviaire allemand de Challerange ( source: Michel Coistia )

La gare après les bombardements du canon de Wargemoulin

Entonnoir d'un obus français

Le village en 1915


Russen Lager à Challerange
Effectif: 50 officiers - 950 soldats - 800 chevaux

Ardeuil Lager
Effectif: 60 officiers - 1570 soldats - 400 chevaux

Fontaine Lager
Effectif: 35 officiers - 1270 soldats - 250 chevaux


En juillet 1916, le canon passe de Wargemoulin sur le secteur de Beauséjour

La ferme de Beauséjour avant la guerre

Les ruines de la ferme après les rudes combats

Des gueules cassées de la forêt près de la ferme aujourd'hui

À l'emplacement de la ferme, seules des briques éparses, parmi les feuilles mortes de la forêt qui a envahi les lieux, indiquent aujourd'hui l'emplacement des corps de bâtiment. Pourtant, chose singulière, quelques épaves de la vie paisible des occupants de la Belle époque subsistent encore.

Le secteur de Beauséjour, un lieux de mémoire


Le village et le camp français de Wargemoulin

Tranchées françaises sur le secteur de Wargemoulin

D'immenses camps comme celui-ci, poussent un peu partout, peuplant les étendues désespérément plates de Champagne. Aucun camouflage ne saurait dissimuler une telle accumulation d'hommes, de chevaux et de matériel et l'adversaire n'est pas aveugle.

Le secteur de nos jours

L'emplacement du camp aujourd'hui


L'autre canon 16 de Marine ( R-1897 N°8 ) à Virginy en 1916

Le Decauville à la gare de Virginy

Sur une façade d'une maison à Wargemoulin

Blockhaus allemand près de Fontaine

La boue de la Champagne, c’est de la craie, de la poussière quand le temps est sec, de la glu quand il pleut.


Malgré le souffle brûlant des explosions d'obus de l'artillerie française, la végétation reprend ses droits et pousse à nouveau. Les Allemands vont restés sur le secteur jusqu'au 26 septembre 1918 où va commencer l'offensive de libération en Champagne.

Trotz des brennenden Rauches der Granatexplosionen durch die französische Artillerie, nimmt sich die Vegetation ihre Rechte zurück und beginnt wieder zu wachsen. Die Deutschen bleiben in diesem Sektor bis zum Beginn der Befreiungsoffensive in der Champagne am 26 September 1918.


Les dernières attaques allemandes en juillet 1918 à Ripont

source: Deutsches Armeemuseum


Offensive en Champagne du 26 septembre au 6 octobre 1918 pour libérer le secteur de Fontaine en Dormois

source: Mémoire des Hommes


Le front de l'attaque est à peu près le même que celui de septembre 1915. Le général Gouraud n'attaque pas de front le redoutable massif des Monts de Champagne, où l'ennemi attend l'assaut principal: ce masif tombera par débordement à l'est et à l'ouest.

Le 163. régiment d'infanterie de ligne dans la caserne à Nice

Au début de l'automne 1918, les troupes allemandes, retranchées dans le village de Fontaine en Dormois depuis 4 ans, pressentent une offensive éminente. À quelques kilomètres au sud, ils remarquent des mouvements sur la ligne de front. En effet, du 16 au 25 septembre, plusieurs corps d'armée français se déploient sous couvert sur la ligne Maisons de Champagne et butte du Mesnil.

Le 25 septembre à 23h30, l'artillerie française déclenche, par milliers de bouches de feu, un tir de préparation. Durant 6 heures, la nuit est zébrée d'innombrables éclairs. Les obusiers, les grosses pièces de sièges montées sur wagons tonnent avec une force incroyable. Une pluie d'obus tombe sur Fontaine et le secteur.

Extraits du journal de marches et des opérations du 163. R.I.

Le 26 septembre 1918, à 5h25 après une violente préparation d'artillerie, le 163.R.I. attaque les positions ennemis dans les conditions réglées par l'Ordre d'Opérations de la 161. Division en date du 23 septembre 1918.
Les objectifs succesifs du régiment sont:
- Tranchée du Muzard
- Tranchée du Parc ( secteur de Fontaine en Dormois )
- les hauteurs de Bellevue ( secteur de la ferme Bussy )
- Séchault
- Le passage de la Dormoise, l'attaque de la Côte 188, du signal de Bellevue, la prise de Challerange, marquent les phases difficiles de la progression.
- Objectifs ultérieure: Challerange

Passage de la Dormoise

Le 26 septembre 1918 à 6h30 l'attaque est menée par deux bataillons successifs du 163. Régiment d'Infanterie ( 2. et 3. batt. ) qui attaquent les tranchées du Muzard et préparent le passage de la Dormoise.
La 10. compagnie à gauche se heurte sur la rive sud de la Dormoise, en face Ripont à une résistance énergique, elle y fait 292 prisonniers allemands. Le restant du 3, bataillon franchit la Dormoise en petites colonnes.

Les tranchées du Muzard avant Ripont

L'attaque du 26 septembre 1918 par le 163. R.I. direction de la côte 188 entre Gratreuil et Ardeuil

Ripont pendant l'occupation allemande

Le même pont de Ripont 102 ans plus tard. La nature a repris ses droits


L'avancée du 163. direction une des tranchées allemandes principales avant le parc de Fontaine-en-Dormois

Même après 100 ans, la tranchée est encore bien visible

Au fond se trouvent les tranchées du Muzard


Des témoins silencieux: Grenade française VB, semelle allemande et une balle

Dessin de Ripont fait par Erich Peters, un Feldgrau du RIR28 en 1915

La voie étroite allemande à Ripont après l'Armistice

Nid de mitrailleuse allemand fortifié avant le parc de Fontaine

La Dormoise qui passe le village détruit de Ripont de nos jours

Un témoin des rudes combats à Ripont qui veille sur les restes du village


Dans l'après-midi du 26 septembre, la voie ferrée de Challerange, à l'est de Sommepy est franchie, les abords de Fontaine-en-Dormois, de Cernay-en-Dormois sont atteints, la butte de Tahure, après avoir été prise et reperdue trois fois, est occupée. En vain, entre Aubérive et Sainte-Marie-à-Py, les Allemands lancent contre-attaques sur contre-attaques pour découvrir le flanc gauche de l'offensive, les troupes, dont la mission était de tenir coûte que coûte et de protéger l'avance du centre, font tête avec une admirable ténacité et arrête net la riposte allemande. Plus de 7000 prisonniers, dont 200 officiers, des canons et un matériel énorme, sont le butin du premier jour de bataille.
Le 27septembre, le 163. R.I. va rejoindre le 371 R.I.U.S. sur le carrefour de la Côte 188 près de la Ferme Bussy pour faire plusieurs assauts meurtriers direction Monthois.

Poilu avec un Stahlhelm


371e Régiment d'Infanterie U.S. était un régiment afro-américain, affecté à la 93e Division d’Infanterie Française,
À l'arrivée en France, cette unité a été transférée sous le commandement français, de sorte que ses décorations sont françaises plutôt qu’américaines. Cette unité a reçu de nombreuses décorations individuelles, y compris la Croix de Guerre et de la Légion d'honneur.
Le 371e Régiment d'Infanterie fut affecté à la 93e D.I.U.S. à son arrivée en France, le 23 avril 1918. Les commandants d'armée décidèrent que l'armée française pourrait mieux intégrer l'unité, et elle fut réorganisée comme unité française. Après une formation au nouvel équipement français et à la nouvelle tactique française, le 12 juin 1918 le 371e entra dans les tranchées en tant qu'élément de la 157e D.I.. dite "Main Rouge". Le 371e resta en ligne pendant plus de trois mois, tenant d'abord Avocourt et plus tard les sous-secteurs de Verrières au Nord-Ouest de Verdun.


Le 371. R.I.U.S. pendant les instructions en France avant de partir au front


La ferme de Bussy avant la Guerre et de nos jours

Nachtigall Lager en hiver 1916-1917 ...

... et de nos jours


Vestiges allemands dans le Nachtigall Lager

Le 371. R.I.U.S. en route vers le front


Le régiment fut alors retiré de la ligne et jeté dans la grande offensive de septembre 1918, en Champagne. Il prit la Côte 188, Bussy Ferme, Ardeuil, Montfauxelles, et la Ferme de Trières près de Monthois. Le regiment captura beaucoup de prisonniers allemands, 47 mitrailleuses, 3 pièces d’artillerie de 77mm, un dépôt de munitions, de nombreuses voitures de chemin de fer, et d'énormes quantités de bois de charpente, de foin et autres approvisionnements. Il abattit trois avions allemands sous le feu de fusil et de mitrailleuses pendant l'avancée. Pendant le combat, du 28 septembre au 6 octobre 1918, ses pertes, qui eurent lieu pour la plupart pendant les trois premiers jours, étaient de 1 065 sur 2 384 hommes réellement engagés. Le régiment était une des unités les plus avancées de l'armée attaquante dans cette grande bataille.

Ils étaient aussi jeunes ...

Un assaut sur les lignes allemandes pendant la nuit

Dedié à la mémoire des soldats du 371. R.I.U.S. tombés à la Côte 188, la ferme Bussy, Ardeuil, Montfauxelle et la ferme Trieres. La stèle à été endommagée le 12 juin 1940 par un obus.

Le 26 septembre 1918 l'artillerie française avait mis le feu au dépôt de munitions de la 5. batt. du 74. Torgauer Feldartillerie Regiment sur la Côte 188 entre Gratreuil et Ardeuil

Canon 7,7cm de campagne allemand


Le 28 est une journée décisive. Les Allemands jettent en ligne 10 divisions nouvelles, à midi, ils lancent une contre-offensive sur le flanc droit de l'offensive dans la région de Bouconville et de Gratreuil. L'armée Gouraud se replie sous le choc, mais ne laisse ni bousculer, ni enfoncer par cette contre-offensive, épuisée avant d'avoir réussi. Fin septembre 1918, le secteur de Fontaine-en-Dormois est libérer par les troupes franco-américaines après quatre années sous l'occupation allemande.

Maschinengewehr Kompanie RIR 29 au Lager Ardeuil 1918


Rien ne semble avoir changé. Les mêmes arbres rabougris que ceux de 1918, cette sinistre contrée, qui s'étend en blancheur sale: c'est la Champagne telle qu'ils l'ont vue. Vêtus de bleu ou de gris, beaucoup de ceux qui ont souffert et sont morts en ces lieux sont encore là.

La ferme Bussy avec le Nachtigall Lager et la Côte 188 au fond


Il faut attendre encore 44 jours avant que les clairons vont sonner l'Armistice du 11 novembre 1918


CONSTRUIRE LE DEUIL ET LA MÉMOIRE

Lorsque le clairon sonne le 11 novembre 1918 à 11h sur tous les fronts restant de cette guerre interminable, une seule pensée envahit l'esprit de tous les combattants, ceux qui ont tout connu depuis le fameux départ de la gare de l'Est au début du mois d'août 1914, ceux qui ont vécu les peurs des mines et des gaz, ceux qui ont connu les angoisses des corps à corps, tous ceux qui ont connu l'humidité, le froid, la soif, la boue, les poux et les rats des tranchées, la folie des conscrits et la mort au quotidien: „ Plus jamais ça! „ auraient tous eu envie de crier ces hommes et ces femmes, épouses ou mères, qui n'ont compris ni la brutalité, ni la durée du conflit.